• 300e épisode : Shonda Rhimes & Betsy Beers

    Shonda Rhimes: Je trouve ça extraordinaire parce que je pensais vraiment qu’on allait faire peut-être 13 épisodes et qu’on ne les regarderait plus jamais après. On était vraiment passionnée et on aimait vraiment cette série.
    Betsy Beers: Oui, vraiment et je me souviens que juste avant que la série ne soit diffusée, on était encore en train de monter les scènes et personne ne les avaient encore vues. On n’avait eu pratiquement pas de réactions. On venait juste de nous donner, je crois, une date de diffusion et je me souviens être en train de monter les scènes. Il était probablement environ 2h du matin, on était là toutes les deux, on s’est regardée et j’ai dit, "Qu’est-ce tu crois qui va se passer ?" et tu m’as dit, "J’aime vraiment la série". J’ai dit, "Moi aussi. Et si personne ne regarde ? Je peux mettre des cassettes VHS dans le coffre de ma voiture et les distribuer aux gens." Quand on a commencé la série, il y avait les cassettes VHS et il n’y avait pas les réseaux sociaux.
    SR: Pas les réseaux sociaux, pas Internet.
    BB:On recevait les messages des fans par la poste.
    SR: La vraie poste.
    BB: Des lettres écrites sur du papier.
    SR: Des timbres.
    BB: C’est extraordinaire avant tout parce que tant de temps s’est écoulé et personnellement, je dois dire que je peux me souvenir des années par rapport aux saisons de Grey’s Anatomy. Les évènements importants de ma vie. Les gens qui m’aiment sont offensés parce que je leur dis, c’était l’année de la fusillade, c’est l’année où Meredith et Derek se sont mariés. La série représente une partie gigantesque de notre vie d’adulte.
    SR: C’est vrai et pourtant, je me suis réveillée ce matin et j’ai pensé, 300 ? J’ai l’impression que c’était hier.
    BB: Oui, vraiment.

    SR: Le 300e épisode ressemble un peu à l’ancien Grey’s. C’est amusant et c’est drôle et c’est rafraichissant et pourtant, il y a ce cœur qu’a Grey’s.
    BB: Oui, et c’est bizarre à dire mais c’est un épisode extraordinairement représentatif de Grey’s Anatomy. C’est Grey’s Anatomy dans ce qu’il a de meilleur, de bien des façons différentes. C’est la chose dont je suis super fière avec ce 300e épisode parce que cela réunit tous les aspects de Grey’s, le passé, le présent, et aussi le futur.
    SR: Oui parfois, on se demande ce qu’on peut faire pour être inédit et innovant au 300e épisode. Et je trouve génial qu’on continue à faire des découvertes. Oui on peut.

    BB: Ce que je trouve émouvant, c’est que tant de personnes qui ont des horizons et des cultures différents, réagissent tous de la même manière aux thèmes, aux émotions, aux personnages et aux situations de la série. C’est génial de voir toutes ces choses que nous avons tous en commun. Une des choses pour lesquelles je suis la plus reconnaissante c’est que d’une manière ou d’un autre, notre série a réussi à toucher beaucoup de gens de différents horizons et ça donne à tout le monde un point commun dans la communication et c’est est un réel privilège et c’est vraiment amusant à regarder.
    SR: Pour moi, c’est magique qu’une chose qui est née dans ma tête, qui m’est très personnelle la plupart du temps, corresponde aux attentes d’une femme qui m’a dit qu’elle regardait la série en Inde avec sa grand-mère et sa fille. C’est extraordinaire. Et ici, on entend des pères dire qu’ils regardent la série avec leur fille, parce que c’est la façon dont ils créent un lien avec elle. On entend des femmes qui vont à la fac de médecine parce qu’elles veulent être comme Meredith et Cristina. C’est profond pour moi et je trouve que c’est plus grand que nous. Il est plutôt question de l’impact de la série et la façon dont les acteurs interprètent les personnages et ce que cela signifie dans l’air du temps.

    SR: Je pense que c’est arrivé plus tard que ce que les gens pourraient penser. Je sais que beaucoup pensent que c’était arrivé en saison 2. C’est arrivé aux alentours de la saison 6. Je me suis dit, "Oh je pense qu’on pourrait peut-être durer". Ça a été vraiment la première fois où j’ai pensé, "Woaw, je ne dois pas m’inquiéter de laisser mes lumières allumées chez moi". J’étais ce genre de personne.
    BB: C’est exact. Et aussi, on était toujours au travail et comme tu dois t’en souvenir, je pense que la série était devenu plus importante avant que l’une d’entre nous ne le réalise, parce qu’on était tout le temps au bureau.
    SR: On ne savait pas ce qui se passait à l’extérieur.
    BB: On ne savait pas ce qui se passait à l’extérieur. J’avais fait une rencontre étrange dans un aéroport. Je portais un tee-shirt et je n’avais pas réalisé – j’étais stupide – qu’il portait le nom de la série. Quelqu’un m’a arrêtée pour me dire "Oh mon dieu !".
    SR: Et moi, j’étais dans une épicerie et j’ai entendu quelqu’un, quelques allées plus loin, qui citait une réplique dans une conversation tout à fait normale et j’ai trouvé ça bizarre. Et ça a été plus ou moins la même chose quand en saison 11 ou 12, quand j’étais à l’épicerie, et que des jeunes de 12 ans sont venus vers moi et m’ont suivie. Et je me suis demandé ce qui se passait. Nos fans ont donné naissance à d’autres fans et c’est dingue. C’est là que j’ai réalisé qu’il se passait quelque chose.

    SR: Que notre série est une chose qui a grandi jusqu’à pousser les jeunes femmes à vouloir devenir médecin, ou pour que des personnes de couleur se voient différemment, qu’ils soient représentés à la télé, ou que quelqu’un soit capable de diagnostiquer sa propre maladie, ou qu’il puisse simplement réaliser qu’il n’est pas seul, parce qu’il voit sa maladie à la télé ; rien de tout ça ne m’était venu à l’esprit quand on a débuté. J’essayais simplement de raconter des histoires sur des personnages et des femmes telles que je les connaissais. Découvrir que des gens commençaient à faire des études de médecine, et la première fois que j’en ai entendu parler, c’était par des jeunes femmes qui passaient des nuits blanches à la fin de leur dernière année de fac pour savoir où elles allaient faire leur internat, et elles ont commencé à organiser ces soirées où elles veillaient toute la nuit pour regarder Grey’s Anatomy tout en attendant d’avoir des informations sur leur internat. C’était comme ça qu’elles attendaient de savoir où elles allaient aller et j’ai trouvé ça extraordinaire. Et après, quelqu’un m’a dit, "Vous savez, la série est une des raisons pour lesquelles j’ai été à la fac de médecine". Grey’s Anatomy a été une source d’inspiration. J’ai trouvé que l’idée qu’un personnage comme Cristina et comme Meredith qui ont montré simplement qu’elles aimaient leur métier et qu’elles étaient excitées par la science et par le fait de sauver des vies, amène des gens à vouloir faire la même chose, c’était puissant. Ça ne l’était pas quand on qu’on l’a fait, c’est puissant de savoir que ça a été possible parce qu’on se rend compte de ce que les réseaux sociaux peuvent faire.


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