• Sandra Oh

    Dans une interview pour Vanity Fair, Sandra Oh a parlé de sa carrière dans la période post-Grey’s, la diversité à Hollywood et ce qu’elle pensait des négociations menées par Ellen Pompeo pour obtenir un salaire plus élevé.

    Dans une autre interview à The Hollywood Reporter, elle a évoqué ce que lui avait apporté Grey’s et la possibilité qu’elle y revienne un jour.

    Pendant quatre ans après avoir quitté Grey's Anatomy, Sandra Oh a attendu. Elle a attendu que les propositions arrivent, des scénarios intéressants qui pourraient s’animer entre les mains de son talent, elle qui a remporté un Golden Globe. Bien sûr, elle a travaillé ici et là ; un rôle principal dans le film indépendant Catfight, un second rôle coquin dans la comédie Tammy, une apparition dans la série dramatique American Crime, quelques pièces de théâtre. Mais il n'y a rien eu du niveau de Christina Yang, la chirurgienne sarcastique qu'elle a interprétée dans Grey’s pendant près d'une décennie, une performance exceptionnelle qui a transformé l'actrice coréo-canadienne en une célébrité, et qui lui a valu cinq nominations d'affilée aux Emmy. Le manque de propositions a été, dit-elle, un crève-cœur sur le coup.

    Ces jours-ci, cependant, l'actrice profondément pragmatique dit qu'elle laisse tomber les attentes. "C'est là où j’en suis. Je peux parler des choses qui ne sont pas trouvées sur mon chemin et qui, à mon avis, auraient dû l’être, mais c'est simplement que ... c'était une putain de perte de temps." (…)

    Quand elle a feuilleté le scénario de Killing Eve pour la première fois, elle était confuse, se demandant qui les producteurs voulaient qu'elle joue, cherchant avec attention l'incontournable rôle de médecin ou de réceptionniste. Ce n'est que lorsque son agent lui a dit sans détour qu'ils la voulaient pour le rôle principal qu'elle a compris à quel point elle était habituée au traitement brutal des actrices qui n’étaient pas blanches, dans le milieu du cinéma et de la télévision. Les rôles principaux sont généralement réservés aux artistes blancs ; tous les autres sont balayés à la périphérie, peu importe leur calibre. (…)

    Les seules personnes qui sont peut-être plus excitées qu'elle par cette série, ce sont ses parents. Elle parle avec tendresse du jour récent où elle a fait le tour de la ville en voiture avec ses parents, jusqu’à ce qu’ils tombent sur un immense panneau sur la série, avec son visage plaqué dessus. Ses parents, qui sont des immigrants coréens, ont été ravis. Ça n’a pas été facile d’en arriver là : avec une sœur avocate et un frère généticien, Sandra Oh déclare qu'elle devait pratiquement atteindre ce niveau de notoriété pour prouver qu'elle avait réussi en tant qu'artiste. "Les Coréens sont ambitieux", dit-elle. "C’est très important pour mes parents que je fasse le travail que je fais et qu'il ait de la visibilité."

    Cette visibilité est en grande partie ce qui la motive. Pendant longtemps, Christina Yang a été le personnage asiatique le plus célèbre et le moins stéréotypé à la télévision, un héritage dont elle tient compte chaque jour. "Les jeunes asiatiques qui viennent vers moi ont une certaine vibration, et je la reçois, et je la comprends, et je ressens de l'émotion simplement d’en parler", dit-elle. "Je suis là pour vous. Et je continuerai à faire tout ce que je peux pour combler quelque chose dont, je le sais, vous avez besoin en ce moment, et que nous n'avons pas encore en tant que communauté."

    Mais les séries comme Grey’s sont encore des cas particuliers. L'aiguille a évolué très lentement en termes de représentation de l'Asie de l'Est et du Sud à la télévision américaine - et le cinéma est encore plus lent. Sandra Oh, pour sa part, essaie de trouver des moyens d’intégrer plus de diversité dans les projets sur lesquels elle travaille. Dans Grey’s, elle a remarqué que les enfants et adolescents acteurs avaient tendance à être noirs ou blancs ; elle-même ayant été actrice à l’adolescence, elle dit qu'elle a exhorté les anciens showrunners à engager un groupe plus diversifié de jeunes talents. Elle a parlé de la même manière sur le tournage de Killing Eve. Lorsque la saison 2 se tournera - la série a été renouvelée avant la diffusion de son premier épisode -, elle espère que la diversité s'étendra également derrière la caméra. "C'est vital", dit-elle.

    Même si elle est maintenant à l'aise avec l’idée de jouer avec son pouvoir, ça ne l’intéresse pas nécessairement d’ajouter plus de sous-titres à sa carrière d'actrice. À la différence de beaucoup de ses collègues dans le paysage télévisuel toujours plus vaste, elle n'a pas cherché à écrire, à réaliser ou à produire (bien qu'elle soit productrice associée sur Killing Eve). Elle ignore les rushes ; elle laisse les monteurs tranquilles. Sa discipline est presque spartiate, ce qui la différencie, disons, d’Ellen Pompeo, sa partenaire dans Grey’s, qui a été récemment applaudie pour avoir raconté au Hollywood Reporter sa décision de se tourner vers la production, et sa lutte pour négocier un salaire plus élevé. Sandra Oh faisaient partie de ceux qui ont applaudit : "Je comprends parfaitement et je me souviens de son combat", dit-elle. "C'est vraiment bien qu'elle ait le sentiment d’avoir bouclé la boucle à ce sujet. Qu'elle ait maintenant le sentiment d’avoir obtenu réparation."

    Lorsque le sujet passe naturellement à ses propres négociations de salaires dans Grey’s, Oh fait une longue pause lourde de sens. "Je ne vois pas ça de la même manière, d'après mon expérience… c'est compliqué", dit-elle, laissant tomber le mot comme un poids de cent tonnes. "C'est trop compliqué, tu vois ce que je veux dire ? La meilleure réponse à cela est Rashomon" – le thriller d'Akira Kurosawa de 1950 qui suit différents témoins et suspects qui donnent des comptes-rendus différents de ce qui est arrivé à une victime de meurtre.

    Elle est devant un nouveau précipice maintenant. Elle pense beaucoup au pouvoir : comment y accéder, comment l'utiliser. Comment protéger sa carrière en choisissant soigneusement les projets, même lorsque les propositions sont rares. "Les quatre années où j’ai attendu activement en faisant les choses que j'aime… c'était mon choix de faire trois pièces de théâtre. C'était mon choix de faire American Crime, vous voyez ?", dit-elle. "En fait, être capable d'exercer son propre choix peut créer plus d'opportunités. Je pense que c'est tout aussi important de dire non que de dire oui." Elle sourit, en pensant à Killing Eve. "J'espère que ça valait la peine d’attendre." source

    Ellen Pompeo a réagi à cet article sur Twitter. "Cet article est super. Le talent de Sandra Oh est surnaturel. J’étais immensément fan d’elle avant Grey’s et je suis impatiente de regarder sa série. S’il vous plait, soutenez Sandra Oh. Je n’ai pas vu sa série mais je sais qu’elle est extraordinaire parce que le talent de Sandra élève tout ce qu’elle touche à un autre niveau." A une fan de Sandra Oh qui lui faisait remarquer qu’elle avait mis beaucoup de temps à soutenir son ancienne partenaire, elle a répondu, "Soyons clair sur une chose, ce n’est pas parce que vous ne le voyez pas sur les réseaux sociaux que ça ne se passe pas."

    Voilà un extrait de l’interview que Sandra Oh a accordée à THR.

    Vous avez eu le luxe de passer une décennie dans l'une des séries qui a le plus de succès à la télévision, ce qui vous a donné la liberté financière de tomber amoureuse d'un scénario et de ne pas sauter immédiatement sur quelque chose d’autre.
    [Rires] Oh absolument, oui Grey’s m'a donné le temps et la confiance d'attendre.

    Killing Eve a huit épisodes. Pourriez-vous vous revenir et refaire une série de 15 ou 22 épisodes ?
    Non, le paysage a trop changé. Etant une ancienne dans une série de 22 épisodes, je ne le referais pas.

    Si Shonda vous appelait demain pour vous dire, "j'ai ce truc de 10 épisodes sur Netflix pour vous..." le feriez-vous ?
    Et comment ! J'ai travaillé pour Shonda, Diana Son (American Crime) et Mina Shum, qui sont aussi trois femmes de couleur, à interpréter leurs voix de différentes manières pendant des décennies. Et je travaille toujours avec elles - je viens de faire le dernier film de Mina Shun, Meditation Park. C'était notre troisième film – (…). Ce n'est pas comme si je l'avais cherché mais ce sont mes principales collaboratrices et à moins que ça ne finisse mal, vous n'arrêtez pas de travailler avec elles.

    En parlant de collaborateurs, Krista Vernoff - qui a écrit et produit Greay's pendant les huit premières saisons - est revenue en tant que showrunner cette saison.
    Je l'aime et j'aime ce qu'elle fait avec cette saison.

    Avez-vous regardé tous les épisodes depuis votre départ ?
    Il y a eu plus de 300 épisodes maintenant ! Je n'en ai regardé que quelques-uns et la raison, c’est simplement que ça me donne trop d’anxiété.

    Comme de voir des personnages que vous connaissez traverser des histoires difficiles comme la mort d'un mari ?
    Non ! [Rires.] J'ai des souvenirs si vifs de ce que j'ai tourné et de ce qui se passait. La nature de la télévision, il y a des choses sur lesquelles je n'ai pas le contrôle et c'est très bien, mais ça me brise le cœur. C'est dur pour moi de regarder. Mais je suis tellement contente que la série continue à vivre. C'est incroyable. Elle a parfaitement chevauché deux époques de la télévision. Comment pourriez-vous développer cette loyauté ?

    Avec Krista Vernoff qui est revenue dans Grey’s, avez-vous pensé à y revenir ? Est-ce que vous reviendrez un jour ? Il y a eu plusieurs références à Cristina cette saison, avec votre image qui est apparue dans la première partie de saison .
    Je suis tellement à fond dans Killing Eve, non seulement en ce qui concerne les personnages, mais avec mon engagement en tant que productrice associée que, à ce stade, non. Je ne peux pas l’imaginer. Cela étant dit, Grey’s pourrait être encore là dans une décennie ! [Rires] Je ne sais pas où je pourrais être à ce stade, mais avec l'idée d'être complètement enracinée et ancrée dans la peau d'Eve, ce serait difficile s’en sortir et d’enfiler à nouveau une vieille paire de chaussures qui, honnêtement, pourraient être trop étroites.

    Reviendriez-vous pour le tout dernier épisode de la série, peu importe quand ça arrivera ?
    Je ne peux pas dire oui parce que ça dépend où j’en serai, vous voyez ? Pour l'instant, je devrais dire non parce que je suis dans une autre relation [avec Killing Eve]. [Rires] Mais si on se retrouve toutes les deux libres des années plus tard, qui sait ? source


  • Commentaires

    1
    yfl
    Samedi 7 Avril à 10:29
    Bon bah Adieu Cristina alors :(
    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :