• Spoilers

    Dans une interview avec TV Guide, Elisabeth Finch a expliqué ce que cela avait représenté pour elle de raconter l'histoire de Catherine Avery face au cancer, à quoi pourrait ressembler l'avenir du personnage et ce qu'elle aimerait voir changer en ce qui concerne la manière dont on traite les malades.

    Dans cet épisode, Koracick et Amelia ont pratiqué une lourde intervention visant à enlever une tumeur logée dans la colonne vertébrale de Catherine dans l'espoir de sauver sa vie et ses mains de chirurgienne. Ils ont réussi à préserver sa vie et sa carrière, mais ont été incapables de la guérir complètement. Avec le retrait de 95% de la tumeur, Catherine va vivre avec la maladie pour le restant de ses jours. C'était une histoire émouvante avec une fin pleine d'espoir puisque Catherine attendait avec impatience tout ce qu'elle serait encore capable de faire, y compris passer du temps avec sa famille. Par ailleurs, Thatcher Grey, qui a choisi d'arrêter les traitements et de mourir selon ses propres règles, a offert une perspective différente. Lors d'une dernière visite pleine d'émotions, Meredith et son père ont résolu leurs problèmes et fait la paix avant qu'il ne décède.

    C'était une histoire profondément personnelle pour vous, alors quel effet cela vous a fait de vous mettre en première ligne comme ça ?
    C'est ma cinquième saison sur Grey's. Tout le monde, y compris les scénaristes et les acteurs, a vu les différentes étapes de ma maladie ; il ne s'agissait pas de m'exposer aux gens qui m'entourent. Ce qui a été difficile pour moi, ça a été de trouver un moyen de communiquer les choses qui comptent le plus pour moi dans mon expérience avec le cancer, qui est atypique. Et de trouver comment donner à Catherine une storyline unique et attrayante.

    Quelle a été la scène la plus difficile à écrire pour vous ?
    Honnêtement, je vais quelque part dans ma tête où je ne pense pas à ça. Mais lorsqu'on a commencé le tournage, j'ai commencé à penser à quel point mon histoire était écrite sur papier, à quel point mon histoire était racontée par Catherine. Regarder Catherine se réveiller avec tout le monde dans la pièce qui est navré, et quand elle apprend qu'ils ont retiré 95% de la tumeur, que ses mains fonctionnent toujours et qu'elle peut encore être chirurgienne, elle commence à énumérer toutes les choses qu'elle va encore pouvoir faire parce qu'ils lui ont sauvé la vie. Ils ne l'ont pas guérie mais ils l'ont sauvée. J'ai commencé à entendre ces mots encore et encore. Et c'est à ce moment-là que je pense que j'ai compris quelle histoire je devais raconter. Et aussi, que j'ai commencé à me voir me réfléter dans cette histoire. C'est quelque chose que je n'avais jamais vu auparavant. Jamais à la télévision ou dans un film où quelqu'un qui a le cancer me ressemble ou bien où son handicap ressemble au mien. Je pense que c'est quelque chose que tout le monde devrait avoir l'occasion de voir, sa version représentée.

    À la fin, Catherine devra vivre avec le cancer, mais elle attend avec impatience tout ce qu’elle va accomplir au lieu de s’attarder sur des "et si". Qu'est-ce qui vous a amenée à décider de lui donner cette fin pleine d'espoir ?
    C'est la fin la plus honnête, en ce qui concerne ma propre histoire. Je suis une personne qui a le cancer. Je n'en meurs pas. Je n'en suis pas guérie. Je l'ai et cela fait partie de ma vie et ma vie ne se résume pas à ça. C'est ce qui m'intéressait de raconter en premier lieu. C'est ce que Krista Vernoff m'a demandé d'envisager de raconter. On a vu des patients qui vivent dans un espace de soins ou qui vivent dans un espace de mort. On ne voit pas des gens qui ont un cancer et qui vivent dans un espace où ils ont cette maladie et qui ont aussi une vie normale. Il n'était donc pas question de vouloir nous en tenir à une fin optimiste à la fin de cet épisode. Il s'agissait plutôt de raconter une version du cancer qui ne se raconte nulle part.

    Cet épisode aurait pu être très sombre mais il ne l'était pas. Il y a des moments où l'on rit, comme quand Jackson danse avec Catherine. À quel point était-ce important pour vous de mettre de l'humour dans cet épisode ?
    C'est tellement réel de mêler des moments déchirants à des moments de fou rire et de grande joie parce que ça a été mon expérience et ça continue de l'être. Il y a des jours où les choses ne vont pas bien, où je me sens misérable et où je vais mal. Et puis, il y a des jours où les choses sont absurdes et où je suis absurde. Et il y a des jours où c'est moitié-moitié et puis, je pense que ces moments de chagrin et de joie arrivent par intermittence et c'est vrai. J'avais depuis longtemps l'envie de voir Catherine chanter une chanson tout en passant un scanner, parce que c'est comme ça que je mesure le temps lorsque je passe un IRM. Je chante les mêmes chansons encore et encore et je sais qu'un IRM, c'est trois versions de cette chanson. Et ainsi, on a mis ensemble ces petits moments qui sont étranges mais authentiques. Et comment pourriez-vous résister à l'idée d'avoir Debbie Allen qui danse à l'étage du bloc opératoire ? Qui ne voudrait pas de ce rêve ?

    Oh, c'était fantastique !
    Ça a été ce que j'ai préféré, de tout ce que j'ai pu faire dans Grey's.

    Cet épisode a également abordé le langage que nous utilisons en matière de cancer, ces termes militants tels que "lutte" et "combat". Comment ce langage a-t-il influencé votre façon de gérer le cancer et qu'espérez-vous changer à ce sujet ?
    J'espère vraiment que ce que les gens retiendront de cet épisode, c'est que le langage militaire qui entoure le cancer est souvent blessant et destructeur pour les personnes qui y font face. Je ne suis pas la maire de Cancerville, je ne peux donc pas parler pour tout le monde. Si quelqu'un veut utiliser ces mots et que c'est ce qui le fait se sentir mieux, ça le regarde. Mais de toutes les conversations que j'ai eues avec des personnes que je connais qui ont le cancer, elles ne se reconnaissent pas dans ces mots. Et cela attribue une valeur à la vie et à la mort. Je ne comprends pas ce que veulent vraiment dire gagner et perdre quand on parle de cancer. Parce que j’ai vu des gens qui ont lu tous les textes médicaux possibles, qui sont allés voir tous les médecins possibles et qui ont vécu. J'ai vu des gens faire la même chose et mourir. J'ai vu des gens ne rien faire et aller bien. Je pense que cela crée des attentes néfastes pour les malades dans le but qu'ils se préparent ou paraissent plus forts qu'ils ne le sont. Et rien ne me rend plus folle que de lire la nécrologie d'une personne décédée d'un cancer et qui dit qu'elle a perdu son combat. Je ne sais pas ce que cela signifie car les malades ne contrôlent pas grand-chose. Ils ont pris leurs médicaments ou ils ne l'ont pas pris et ils sont morts. Et je prends mes médicaments et je suis en vie. Cela n'a rien à voir avec mon esprit de gagnant ou leur esprit de perdant. Cela n'a rien à voir avec ce qui est bon ou mauvais ou si je me bats plus que ces personnes. C'est la chance. C'est la génétique. C'est mon docteur. C'est mon privilège. Ce n'est pas sous mon contrôle et donc assigner ces mots comme si c'était sous notre contrôle, je trouve que c'est préjudiciable aux personnes qui se trouvent dans cette situation.

    Meredith en a parlé dans sa voix off. L'avez-vous considérée à un moment donné comme une intermédiaire pour votre propre voix ?
    Oui, je pense que sa voix off est ma déclaration de thèse pour l'épisode. Vous la voyez dans la scène où Thatcher explique comment il a été soigné. Cela n'a pas fonctionné et il est mort. Vous voyez Catherine qui a pris ses médicaments, elle a été opérée et elle a vécu. Ni l'un ni l'autre n'est un gagnant ou un perdant, et Meredith a le droit de le dire. Espérons que cela va s'inscrire dans la tête des gens et qu'ils vont pouvoir se faire un point de vue différent grâce à cet épisode.

    Comment Catherine va-t-elle vivre avec cette maladie et comment cela va affecter les autres autour d'elle ?
    Ce qui m'intéresse, c'est de voir une personne vivant avec un cancer être normale. Parce que je me promène dans le monde et que d’autres personnes qui vivent avec le cancer, que j’ai connues, se promènent dans le monde et elles ont de bons emplois, des familles nombreuses, beaucoup d’amour et beaucoup de choses à faire. Et de temps en temps, ils doivent prendre soin d'eux en passant un scanner ou en consultant un médecin. Parfois, ils ont des mauvais mois, puis des bons mois et cela devient normal. Ce n'est pas toujours en mode crise. Je ne vis pas en mode crise. Je vis de scanner en scanner. J'apprécie tout le temps que j'ai entre ces examens. Mais honnêtement, ma réalité n’est pas très différente de celle des autres, car aucun jour n’est garanti. Rien ne garantit que quelqu'un va vivre jusqu'à demain. donc ça m'intéresse de voir Catherine vivre sa vie et revenir à la chirurgie, retrouver sa famille et parler de toutes les autres choses qui se passent dans sa vie et ressentir toutes les émotions concernant ce qui se passe dans sa vie, qui ne tourne pas autour du cancer. Parce que c'est la réalité pour la plupart des gens. source

     


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :